Insolite

Mort de Georgette Lemaire à 82 ans : lieu et date de ses obsèques révélés, un adieu à la hauteur de son talent

Les épreuves : violences conjugales, deuil, précarité

Derrière les paillettes et les ovations, la vie de Georgette Lemaire a été marquée par des douleurs profondes, qu’elle n’a jamais cherché à dissimuler totalement.

La chanteuse avait levé le voile sur la violence qui régnait dans son foyer avec une honnêteté brutale. “Oui, mon mari me battait”, avait-elle avoué, brisant le silence sur des années de souffrance conjugale. Une confession rare pour l’époque, qui disait quelque chose de la femme au-delà de l’artiste : directe, courageuse, refusant d’embellir ce qui ne l’était pas.

En 2022, elle a également été frappée par la perte de l’un de ses fils.Nogent-sur-Marne : Yvan Lemaire (1962-2022)— une perte que rien ne prépare, et qui a assombri ses dernières années.

Et puis il y avait la question financière, devenue publique à partir de 2014. “Comment voulez-vous que je paie un loyer de 500 euros avec une retraite de 800 euros ?”, demandait-elle alors, sous le coup de menaces d’expulsion de son petit appartement de Créteil. Une phrase qui a fait le tour des médias, révélant l’envers du décor d’un système musical qui protège peu ses artistes une fois passé le temps de la gloire.

La cagnotte pour financer les obsèques : un symbole douloureux

Au moment de son décès, son fils Antoine avait partagé le lien vers une cagnotte créée pour financer les obsèques de sa chère mère. “Merci à Jakline Doumer pour cette initiative, toute la famille et moi-même espérons pouvoir lui offrir un dernier au revoir à la hauteur de son talent. Merci pour tous vos témoignages depuis lundi, ils sont si nombreux et si touchants”, avait-il écrit. Car malgré un franc succès dans la musique, Georgette Lemaire se trouvait en difficulté financière.

Cette cagnotte, lancée dans l’urgence, a suscité une vague de générosité et d’émotion chez le public. Elle a aussi relancé le débat sur la condition des artistes en France, et sur la manière dont une société traite ceux qui l’ont fait chanter, rire et pleurer pendant des décennies.

Une chevalière des Arts et des Lettres que le système avait laissé tomber

Georgette Lemaire est nommée chevalière des Arts et des Lettres en 1986 par Jack Lang. En 1989, sur l’intercession de François Mitterrand, elle est nommée membre du Conseil économique et social. Des distinctions officielles qui témoignent de la reconnaissance que l’État lui a accordée — mais qui n’ont pas suffi à la mettre à l’abri des difficultés matérielles qui ont marqué ses dernières années.

En 2010, elle fait partie de la tournée Âge tendre et Têtes de bois saison 5. En 2014, face à des difficultés financières, elle est menacée d’expulsion du logement qu’elle loue, situé à Créteil, à plusieurs reprises. La reconnaissance symbolique et la sécurité matérielle sont deux réalités qui, pour beaucoup d’artistes de sa génération, n’ont jamais coïncidé.

Conclusion : un adieu enfin digne, pour une femme qui méritait mieux

Malgré un franc succès dans la musique, Georgette Lemaire se trouvait en difficulté financière, selon , à sa mort. Mais grâce à la mobilisation de son fils, du public et de ceux qui n’avaient pas oublié, elle a pu recevoir l’adieu qu’elle méritait : à l’église des artistes, entourée de ceux qui l’avaient aimée.

Georgette Lemaire laisse derrière elle une discographie qui traverse les décennies, une voix reconnaissable entre toutes, et l’histoire d’une femme qui n’a jamais renoncé — ni à chanter, ni à dire la vérité sur sa vie. C’est peut-être cela, le legs le plus précieux.

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