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Mort de Georgette Lemaire à 82 ans : lieu et date de ses obsèques révélés, un adieu à la hauteur de son talent

Elle avait une voix brute, puissante, capable de traverser les murs et les années. Georgette Lemaire, l’une des grandes voix de la chanson populaire française des années 1960 et 1970, s’est éteinte le 21 décembre 2025 à l’âge de 82 ans. Une disparition qui a replongé toute une génération dans les souvenirs d’une époque musicale aujourd’hui révolue — et qui a mis en lumière le dénuement dans lequel avait sombré cette artiste autrefois adulée.

C’est à la Maison des artistes, située à Nogent-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, qu’elle a poussé son dernier souffle. Un endroit discret, loin des feux de la scène, qui dit tout de la trajectoire de cette femme dont la vie avait épousé les contours d’un destin à la fois glorieux et déchirant.

Les obsèques : l’église Saint-Roch, la “paroisse des artistes”

Ce mercredi 14 janvier 2026, soit près d’un mois après le départ de l’interprète de Vous étiez belle, Madame, ils sont nombreux à se retrouver à Paris pour un ultime hommage. Direction l’église Saint-Roch, dans le Ier arrondissement de la capitale, au croisement de la rue Saint-Honoré et de la rue Saint-Roch, pour les obsèques de Georgette Lemaire. Un lieu tout sauf choisi au hasard : il s’agit de la “paroisse des artistes”, où l’on a déjà rendu hommage à bien des grands noms, à l’instar de Catherine Laborde, Thierry Ardisson ou encore Jane Birkin.

Elle est ensuite inhumée aux côtés de ses parents au cimetière de Montmartre, division 22. Un retour symbolique aux racines parisiennes d’une femme née dans le quartier de Belleville, qui avait conquis la capitale avant que celle-ci, peu à peu, ne l’oublie.

Ce choix de Saint-Roch comme lieu d’adieu résonne avec tout ce qu’était Georgette Lemaire : une artiste dans l’âme, enracinée dans le monde du spectacle, dont la vie entière avait été rythmée par la scène, les chansons et les émotions partagées avec le public.

Une star née dans les puces de Saint-Ouen

Georgette Michelle Kibleur naît le 15 février 1943 dans une famille modeste du quartier de Belleville à Paris. Tous les dimanches, elle chante chez Louisette aux puces de Saint-Ouen et se fait connaître en y interprétant les chansons du répertoire réaliste : Le Dénicheur, Padam Padam, ou encore La Montagne de Jean Ferrat.

Son histoire commence donc bien avant les studios d’enregistrement et les plateaux de télévision. Elle commence dans les allées d’un marché aux puces, devant des passants qui s’arrêtent, intrigués par cette voix qui sort du lot. Une authenticité populaire qui deviendra la marque de fabrique de toute sa carrière.

En 1965, la France entière se passionne pour une voix brute, puissante, celle d’une “ménagère” au destin hors norme plébiscitée par les téléspectateurs du Jeu de la chance. Le journal France Soir titrait alors en une : “Une ménagère bouleverse la France”. C’est le début d’une ascension fulgurante pour celle que l’on surnomme rapidement la “nouvelle Piaf”.

Mireille Mathieu, l’Olympia, la gloire : les années de lumière

Le moment charnière de sa vie arrive en novembre 1965, lors de sa participation au télé-crochet Le Jeu de la chance. Ex aequo avec Mireille Mathieu, elle choisit de se désister à son profit, après avoir signé un contrat avec la maison de disques Philips. Un geste qui, selon ses propres déclarations, lui a coûté bien plus qu’un trophée télévisuel.

“Jonny Stark m’a tué”, confiera-t-elle plus tard, désignant l’imprésario de sa rivale comme l’artisan de son déclin professionnel. Une amertume jamais tout à fait dissipée, qui traversera toutes ses interviews jusqu’à la fin.

Mais dans les années qui suivent, sa carrière décolle véritablement. En 1966, le titre « Et si c’était vrai », signé Georges Liferman, devient son premier tube, avec plus de 150 000 exemplaires vendus en France. Puis viennent Vous étiez belle, Madame, Des millions d’amoureux, autant de titres qui s’inscrivent durablement dans le répertoire de la chanson française populaire.

En 1973, elle passe en vedette lors d’un Musicorama à l’Olympia. Devant le succès — 17 rappels —, Bruno Coquatrix, le directeur de l’établissement, l’engage dix soirs de suite en vedette. Le sommet d’une carrière qui semblait alors promise à une longévité sans fin.

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