Laurent Baffie lève la robe de Nolwenn Leroy à la télé : cinq ans après, il assume enfin son erreur

Sur France Inter, Baffie assume enfin sans détour
C’est donc sur les ondes de France Inter, à l’occasion de la promotion de son Dictionnaire de Baffie — L’intégrale, que l’humoriste a choisi de revenir sur l’épisode avec le recul que les années permettent. Nagui lui posait la question des limites avec humour. Baffie n’a pas esquivé.
« Ça a été une affaire d’État et des tas d’affaires, mais ma vanne n’était pas bonne. J’ai confondu le dîner entre potes avec une émission de télé. J’ai fait un truc que je n’assume pas, que je n’aurais pas aimé voir chez quelqu’un d’autre. On fait tous des erreurs et celle-là, je la revendique. »
Une reconnaissance franche, sans les contorsions habituelles du type “c’était du second degré” ou “tout le monde est trop sensible”. Baffie va même plus loin en reconnaissant le préjudice concret causé à la chanteuse : « Pauvre Nolwenn qui était en pleine promo (…), je lui ai un peu pourri sa promo. »
Et sur les excuses ? Il les a faites, directement, par téléphone. La réponse de Nolwenn Leroy, telle qu’il la rapporte : « On s’en fout, mon Laulau, tout va bien. » Une phrase qui dit beaucoup sur la relation entre les deux artistes — une amitié qui a survécu à l’épreuve, même si l’épreuve n’aurait pas dû avoir lieu.
La confusion entre l’intimité et le direct : un piège bien réel
La formulation de Baffie — « J’ai confondu dîner entre potes avec émission de télé » — mérite qu’on s’y arrête. Elle pointe quelque chose de vrai, et de plus courant qu’on ne le pense dans les médias : la tentation, pour les habitués des plateaux, de transposer à l’antenne les codes qui valent entre amis, en coulisses, ou en privé.
Le problème, c’est qu’une émission de télévision n’est pas un dîner. Ce qui fait rire dans un cercle fermé peut blesser, choquer ou normaliser des comportements devant des millions de spectateurs. La frontière entre humour complice et geste déplacé est d’autant plus ténue que la caméra efface le contexte — elle ne capte pas l’histoire entre deux personnes, mais ne retransmet que l’image brute.
C’est en ce sens que l’intervention du CSA prenait tout son sens : non pas pour sanctionner une amitié ou une blague entre adultes consentants, mais pour rappeler qu’un plateau de télévision a une responsabilité vis-à-vis du public — et en particulier vis-à-vis de ce qu’il montre comme acceptable envers les femmes.
Ce que cette affaire dit de l’évolution du monde médiatique
En 2022, lorsque Baffie s’exprime sur France Inter, le contexte a profondément changé. Les débats autour du sexisme dans les médias, de la place des femmes dans l’industrie du divertissement, et des comportements tolérés ou non sur les plateaux ont transformé le regard collectif. Ce qui passait parfois “sans faire de vagues” il y a dix ou quinze ans est désormais scruté, nommé, et souvent condamné.
La prise de parole de Baffie — tardive, certes, mais réelle — s’inscrit dans ce mouvement. Elle n’efface rien. Mais elle témoigne d’une capacité à regarder ses propres actes avec lucidité, sans se réfugier derrière le bouclier de l’humour ni celui de la complicité.
C’est peut-être ça, au fond, la définition d’une vraie excuse : non pas minimiser, non pas expliquer jusqu’à se justifier, mais reconnaître simplement — « j’ai fait une erreur, je la revendique ». Simple, direct, et pour une fois, suffisant.



